Document unique d'évaluation des risques professionnels
Évaluation des risques professionnels : méthode et étapes
Affiché · juin 2026 · Code du travail art. L4121-3 · R4121-1
L'évaluation des risques professionnels (EvRP) est la démarche qui précède et nourrit le Document Unique. Voici comment la conduire pas à pas (sept étapes, un exemple concret à chacune) sans confondre ce que la loi impose et ce qui relève de la bonne pratique.
Articulation
EvRP et DUERP : ce que chacun recouvre
On confond souvent les deux. L'évaluation des risques professionnels est la démarche : observer, identifier, apprécier, décider. Le Document Unique (DUERP) est l'écrit qui en consigne le résultat (art. R4121-1).
Un DUERP « propre » sur le papier mais sans évaluation réelle derrière ne protège de rien. Ce qui compte légalement, c'est l'évaluation des unités de travail, pas la mise en forme.
Méthode
La méthode en 7 étapes
- 1. Préparer la démarcheOn cadre le périmètre, qui pilote, qui est associé. La participation des salariés et du CSE est essentielle : ce sont eux qui connaissent le travail réel. Exemple : Un restaurant de 8 salariés : le gérant pilote, associe le chef de cuisine et un serveur, bloque une demi-journée.
- 2. Découper en unités de travailUne unité de travail regroupe des salariés exposés aux mêmes risques (par métier, poste ou lieu), pas par organigramme (art. R4121-1). Exemple : Le restaurant retient salle, cuisine, plonge/réserve. Pas « les CDI » et « les extras ».
- 3. Repérer les dangers, par unitéOn liste les dangers : ce qui peut causer un dommage. Un danger n'est pas encore un risque : le risque, c'est l'exposition. Exemple : En cuisine : surfaces chaudes, lames, sols glissants, port de charges. C'est l'observation du poste qui les fait apparaître.
- 4. Estimer chaque risque (cotation)On croise la gravité du dommage possible et sa fréquence. C'est une bonne pratique méthodologique : aucun texte ne l'impose. Exemple : « Brûlure à la friteuse » : gravité moyenne, fréquence élevée → priorité haute.
- 5. Hiérarchiser les risquesLa cotation n'a d'intérêt que pour classer. On obtient une criticité qui distingue ce qui doit être traité tout de suite. Exemple : Les risques « brûlure » et « coupure » passent devant le réglage des écrans du bureau.
- 6. Planifier les actions de préventionChaque risque retenu débouche sur une action, un responsable et une échéance. On supprime le danger avant de le réduire. Exemple : Friteuse : écran anti-projections (30 j, gérant) ; sols : tapis antidérapants (15 j).
- 7. Réévaluer et mettre à jourL'évaluation se révise au moins une fois par an dès 11 salariés, et à chaque changement important (art. R4121-2). Exemple : L'arrivée d'un four à pizza ajoute un danger : on reprend l'unité « cuisine » sans attendre.
Récapitulatif
La méthode d'un coup d'œil
Cotation
La cotation : une méthode utile, pas une obligation
C'est l'idée fausse la plus tenace. Le Code du travail impose une évaluation réelle des risques par unité de travail, mais n'impose ni méthode de cotation, ni matrice, ni échelle particulière. L'INRS présente le choix de l'outil comme libre.
Ce qui compte n'est pas le score, mais la constance : une échelle lisible, appliquée de la même façon partout. Une échelle simple suffit :
Criticité = gravité × fréquence. L'échelle ci-dessus est un exemple pédagogique, pas une norme officielle.
Erreurs
Les erreurs qui rendent l'évaluation inopposable
- Des unités de travail théoriques. Calquées sur l'organigramme, elles passent à côté des expositions réelles.
- Une liste de dangers générique. Recopiée d'un modèle, elle décrit une autre entreprise que la vôtre.
- Une cotation sans échelle constante. La hiérarchisation ne veut alors plus rien dire.
- Un plan d'actions sans date ni responsable. Inexploitable, et le premier point qu'examine un contrôle.
- Une évaluation jamais réévaluée. Un document figé devient faux dès le premier changement.
- Oublier les risques psychosociaux. L'obligation générale de sécurité couvre la santé physique et mentale (art. L4121-1).
Suites
De l'évaluation à l'action : ce qu'elle doit produire
Une évaluation ne vaut que par ses suites. Selon l'effectif, le Code du travail en attend deux formes (art. L4121-3-1) :
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin
Levée d'objections
Questions fréquentes sur l'évaluation des risques
Quelle différence entre l'évaluation des risques professionnels et le DUERP ?
L'évaluation des risques (EvRP) est la démarche : identifier et apprécier les risques par unité de travail. Le Document Unique (DUERP) est l'écrit qui en transcrit le résultat (art. R4121-1). L'une est le travail, l'autre en est la trace.
Quelles sont les étapes de l'évaluation des risques professionnels ?
Sept : préparer la démarche, découper l'entreprise en unités de travail, repérer les dangers, estimer (coter) chaque risque, les hiérarchiser, planifier les actions de prévention, puis réévaluer régulièrement.
La cotation gravité × fréquence est-elle obligatoire ?
Non. C'est une bonne pratique méthodologique, très répandue, mais le Code du travail n'impose aucune méthode de cotation ni matrice. Ce qui est exigé, c'est une évaluation réelle ; la cotation sert à hiérarchiser, avec une échelle constante.
Quelle est la différence entre un danger et un risque ?
Le danger est la propriété intrinsèque d'un élément à causer un dommage (une lame, une surface chaude). Le risque est l'exposition d'un salarié à ce danger dans une situation de travail donnée.
Qu'est-ce qu'une unité de travail ?
Un regroupement de salariés exposés aux mêmes risques (par métier, poste ou lieu), qui sert de maille à l'inventaire des risques (art. R4121-1). Elle se définit par l'exposition réelle, pas par l'organigramme.
À quelle fréquence faut-il refaire l'évaluation ?
Au moins une fois par an à partir de 11 salariés, et à chaque changement important : aménagement, nouvel équipement, accident, nouvelle information sur un risque (art. R4121-2).
Que devient l'évaluation une fois faite ?
Elle débouche sur des actions de prévention consignées dans le DUERP (moins de 50 salariés) ou sur un programme annuel de prévention, le PAPRIPACT (50 salariés et plus), avec consultation du CSE (art. L4121-3-1).
Et maintenant
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