Document unique d'évaluation des risques professionnels
Risques psychosociaux (RPS) dans le DUERP : intégration obligatoire
Affiché · juin 2026 · Code du travail art. L4121-3 · R4121-1
La santé mentale relève de la même obligation que la santé physique. Les RPS ne sont donc pas un document à part : ils s'intègrent au document unique, unité de travail par unité de travail. Voici quoi y mettre, comment l'évaluer, et comment le poser dans le tableau, pas seulement la théorie.
Aperçu du modèle
Un DUERP se lit comme un tableau de bord.
Unité de travail, danger, cotation, action, responsable, échéance : la trame couvre tout ce qu'un contrôleur attend.
Obligation
Les RPS sont-ils vraiment obligatoires dans le DUERP ?
Oui. L'obligation ne vient pas d'un article dédié aux RPS, mais de l'obligation générale de sécurité de l'employeur : protéger la santé physique et mentale des salariés (art. L4121-1). Or le DUERP doit répertorier l'ensemble des risques professionnels. Les écarter, c'est laisser l'évaluation incomplète.
Un DUERP qui n'aborde que les risques physiques et passe sous silence la charge de travail, les tensions ou les violences est un document partiel. L'INRS le rappelle : les RPS doivent être intégrés au document unique au même titre que les autres risques.
Définition
Ce que recouvrent les risques psychosociaux
« RPS » ne veut pas dire « stress » au sens courant. Ce sont les risques pour la santé mentale, physique et sociale engendrés par les conditions d'emploi et les facteurs organisationnels et relationnels du travail. Le stress en est la manifestation ; le burn-out une conséquence possible, pas un point de départ.
Cette grille est un outil de travail, pas une obligation de forme : la loi exige que ces risques soient réellement évalués, pas qu'on coche une liste imposée.
Pourquoi l'oubli coûte
Pourquoi les RPS passent à la trappe (et ce que ça coûte)
Trois raisons : les RPS sont diffus (pas de seuil à mesurer), sensibles (nommer un conflit engage l'organisation), et les modèles achetés sont construits pour les risques physiques.
Un DUERP muet sur les RPS se retourne contre l'employeur le jour où le risque se réalise : arrêt long, inaptitude, accident reconnu. L'absence d'évaluation d'un risque pourtant connaissable est précisément ce qui pèse dans l'appréciation d'un manquement à l'obligation de sécurité.
Méthode
Comment évaluer les RPS
Évaluer les RPS suit la même logique que tout autre risque : identifier les dangers (les facteurs) puis apprécier le risque d'exposition, unité de travail par unité de travail. La différence est la source d'information : on ne mesure pas un facteur de RPS avec un appareil.
- Croiser des indicateurs disponibles : absentéisme, turnover, arrêts répétés, tensions, plaintes, quasi-accidents.
- Associer les salariés : l'évaluation des RPS faite sans eux ne vaut rien.
- Travailler par unité de travail : un atelier et un accueil téléphonique n'ont pas les mêmes facteurs.
- S'appuyer sur l'outil dédié de l'INRS : l'outil « RPS-DU » (brochure ED 6403), gratuit, conçu pour les TPE/PME.
Le service de prévention et de santé au travail (médecine du travail) peut appuyer cette démarche.
Le geste concret
Comment intégrer les RPS dans le tableau du DUERP
Les RPS ne réclament pas un document séparé : ils s'ajoutent à la grille existante du DUERP comme une famille de risques de plus. Pour chaque unité de travail, on ajoute une ou plusieurs lignes sur le modèle des autres risques.
Le niveau de risque s'apprécie comme pour le reste : si vous utilisez une échelle gravité × fréquence, appliquez-la aussi aux RPS, en gardant à l'esprit que cette cotation est une bonne pratique méthodologique, pas une obligation légale.
Actions
Des actions qui agissent sur le travail, pas sur les personnes
L'erreur classique consiste à répondre aux RPS par des actions purement individuelles (gestion du stress, relaxation). Utiles en complément, mais elles laissent intactes les causes. La prévention efficace agit d'abord sur l'organisation du travail :
- Charge / intensité : ajuster objectifs et effectifs, lisser les pics, protéger des interruptions.
- Autonomie : élargir les marges de manœuvre, associer aux décisions.
- Rapports sociaux : encadrement disponible, réguler les conflits tôt, reconnaître le travail réel.
- Violences externes : procédures claires, agencement des accueils, soutien après incident.
- Insécurité : accompagner les changements, informer en amont.
Ces actions s'inscrivent dans les suites du DUERP : actions de prévention consignées (< 50 salariés), PAPRIPACT (≥ 50 salariés) (art. L4121-3-1).
Dans le cocon
Pour aller plus loin
Deux façons d'avancer
Le modèle gratuit structure l'évaluation et la cotation.
Obtenir un modèle de DUERP gratuitUn consultant qui connaît le secteur réalise ou valide le document.
Faire réaliser mon DUERP par un consultantLevée d'objections
Questions fréquentes · RPS et DUERP
Les RPS doivent-ils obligatoirement figurer dans le DUERP ?
Oui. L'obligation découle de l'obligation générale de sécurité de l'employeur, qui doit protéger la santé physique et mentale des salariés (art. L4121-1 du Code du travail). Les risques psychosociaux s'intègrent au document unique au même titre que les autres risques.
Quels sont les risques psychosociaux à évaluer ?
Les facteurs liés à l'intensité et à la charge de travail, aux exigences émotionnelles, au manque d'autonomie, aux rapports sociaux dégradés (conflits, manque de reconnaissance), aux conflits de valeurs, à l'insécurité de la situation de travail, et aux violences internes ou externes. Le stress en est la manifestation, le burn-out une conséquence possible.
Le burn-out doit-il être pris en compte dans le document unique ?
Le burn-out (épuisement professionnel) n'est pas un facteur de risque en soi mais la conséquence d'une exposition prolongée aux RPS. Ce sont les facteurs en amont (charge, exigences, conflits…) qui doivent être évalués et inscrits dans le DUERP.
Comment évaluer les risques psychosociaux ?
En identifiant les facteurs de RPS unité de travail par unité de travail, à partir d'indicateurs (absentéisme, turnover, tensions) et surtout de la parole des salariés. L'INRS propose l'outil « RPS-DU » (brochure ED 6403) pour mener cette évaluation en vue de l'intégration au document unique.
Comment ajouter les RPS dans le tableau du DUERP ?
Pas besoin d'un document séparé : on ajoute, pour chaque unité de travail, une ou plusieurs lignes reprenant les colonnes habituelles : facteur de RPS (le danger), situation d'exposition, niveau de risque apprécié, mesures de prévention.
Quel outil pour intégrer les RPS au DUERP ?
L'INRS met à disposition l'outil « RPS-DU » (brochure ED 6403), gratuit, conçu pour évaluer les facteurs de RPS et les intégrer au document unique. C'est une aide méthodologique, pas une forme imposée par la loi.
Qui doit participer à l'évaluation des RPS ?
L'employeur, responsable du document, mais l'évaluation doit associer les salariés et le collectif de travail, qui connaissent la réalité de la charge et des relations. Le CSE et le service de prévention et de santé au travail (médecine du travail) y contribuent.
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